A Citizen’s Letter

Monsieur Jean Charest, premier ministre du Québec
Monsieur Sam Hamad, ministre des Transports
Monsieur Raymond Bachand, ministre responsable de la région de Montréal

En tant que résidant de l’arrondissement du Sud-Ouest qui sera directement
affecté par les travaux de réfection de l’échangeur Turcot et surtout, par
les retombées négatives de sa nouvelle mouture, notamment sur ma santé et
celle de mes voisins, j’aimerais exprimer par la présente ma déception
devant l’absence de signe de progrès allant dans la direction d’une
réduction de la capacité routière de l’échangeur. Aussi, je vous signale un
article paru ce matin dans Le Devoir intitulé “Le coeur malade de la
pollution et la nourriture industrielle”.
Cet article fait état des conclusions d’un cardiologue de la faculté de
médecine de l’Université de Montréal sur les effets néfastes de la pollution
sur la santé du coeur. “Il insiste […] sur le fait que l’on a complètement
oublié la raison pour laquelle la fréquence de ces maladies avait explosé
durant la première moitié du XXe siècle. «Il a fallu attendre la fin des
années 1990 pour réaliser le rôle prépondérant de l’environnement, en
l’occurrence de la pollution atmosphérique […], qui amplifie les facteurs
de risque classiques». […] C’est ainsi que des pays, qui ont connu une
forte industrialisation au cours des cinquante dernières années, comme
l’Inde et la Chine, ont été du même coup frappés par une explosion des MCV.
«En devenant la nouvelle usine planétaire qui fonctionne principalement au
charbon, la Chine a vu la mortalité cardiovasculaire quadrupler sur son
territoire entre 1950 et 2000.”
“Le Dr Reeves [, à l’instar des citoyens du Sud-Ouest], rêve de villes
vertes et sans pollution, à l’image de Zermatt en Suisse. «À Zermatt, pas
une voiture n’entre en ville. On accède en train au centre-ville, où on
circule en voiture électrique, à vélo ou à cheval. On n’y respire pas une
once de gaz d’échappement. Genève aussi est une ville
“cardio-environnementale”. Tout y est vert, électrique et piétonnier. Et
pourtant, nous n’avons pas l’impression que le transport en commun, c’est
pour les pauvres. À Genève habite une population très prospère qui a recours
au transport collectif parce que c’est facile et agréable. Réussite
économique et environnement sain et agréable ne sont pas incompatibles»,
déclare le Dr Reeves avant de citer aussi les exemples de Strasbourg, de
Stockholm et de Brasília en Amérique du Sud.
Il nous reste encore du temps pour améliorer considérablement le projet
Turcot en mettant en place de véritables mesures d’augmentation
significative de l’offres de transports en commun et alternatifs et, surtout
et dans l’esprit de l’article cité ci-haut, diminuer la capacité routière de
l’échangeur. Et ce, pour diminuer la pollution atmosphérique au bénéfice de
la santé des citoyens du secteur et de la ville.
Sincères salutations,
____________

Éric Lemieux
Montréal (H4C 2W3)

cc M Pierre Arcand, ministre de l’Environnement du Québec
cc Mme Marguerite Blais, députée de Saint-Henri-Sainte-Anne
cc M. Gérald Tremblay, maire de Montréal (par l’entremise du portail de la
ville)
cc Benoît Dorais, maire de l’arrondissement du Sud-Ouest
cc Thierry St-Cyr, député fédéral de Jeanne-Le Ber
cc Mobilisation Turcot
cc Richard Lessard, directeur de la Direction de santé publique de Montréal
cc Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de
commerce du Montréal métropolitain
cc Nicolas Girard, critique du Parti Québécois en matière de transport
cc Valérie Simard, porte-parole de Mobilisation Turcot
cc Jean-Robert Sansfaçon, Le Devoir

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